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  • : le blog ecrire-en-mai
  • : Ecrire en Mai est un week-end de rencontres d'écriture et de lecture qui se tient un des dernier week-end du mois de mai à Bages (Aude) Vous trouverez ici les infos concernant la préparation du prochain E en M. Vous pouvez aussi nous faire passer toute autre info relative à des activités d'écriture et de lecture ainsi que des textes courts que vous aimeriez donner à lire.
Mardi 1 avril 2008
SAMEDI 17 mai
Samedi matin de 10 à 13h : 6   ateliers
 
Ateliers journée entière :
 
1 Ecriture et Voix

Des mots en voix et en corps.
On écrit comme ça vient, on fait des phrases ; ça vient d'où ? ça vient de loin, ça vient de prés, puis les mots sortent, sortent du corps. On les porte par nos voix, on les donne à entendre. Les voix grondent et murmurent, seules ou en choeur....
                                             
Arnaud GUIBERT, Christine ZANETTO
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Journée de création littéraire   à partir de Moderato cantabile, de Marguerite Duras (1958).
 
Ce livre a été défini comme un “roman-exercice”.
Successivement nous aborderons :
La naissance du récit et le récit dans le récit ou récit “enchâssé”.
Le(s) discours rapporté(s). 
Le montage des séquences et le rythme.
                                                     
                                                  Christian Le Bars
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3 A courtd'eau

 Assis au bord d'un lavoir, écrire sur le fil imaginaire de l'eau. 
 Des personnages fictifs, des secrets de famille, des histoires de tous les jours. Bien avant le lave-linge                                                        
                                                                    Karin Espinosa
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Ateliers demi journée
 
 4 A vos modes d'emploi...
 
Chaque participant amène à l'atelier un document technique de type catalogue spécialisé, mode d'emploi d'appareil ménager, revue technique. De ce document technique naîtra une petite nouvelle..."     
                       
Emmanuelle Pagano
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5  Paysage intérieur - paysage extérieur : Ces lieux qui nous habitent…

 

Les lieux…du quotidien – de l’enfance – insolites ou non.

Tout peut être lieu – paysage intérieur ou extérieur – la chambre – le lit – le livre – la salle de bain – le bureau – l’eau – la mer – un arbre -  un carreau de cahier…. Tout espace. 

"On n'a jamais bien vu le monde si l'on n'a pas rêvé ce que l'on voyait. En une rêverie de solitude qui accroît la solitude du rêveur, deux profondeurs se conjuguent, se répercutent en échos qui vont de la profondeur du monde jusqu'à une profondeur d'être du rêveur. Le temps est suspendu. Le temps n'a plus d'hier et de demain. Le temps est englouti dans la double profondeur du rêveur et du monde...
...Les mots du rêveur deviennent des noms de Monde. Ils accèdent à la majuscule."
(Gaston Bachelard)

 

                                                       Janine Bastide

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6
 Objets nomades, objets durables 

Fouillez vos poches et vos tiroirs – votre sac, votre boite à gants – vos plumiers, votre disque dur…On étale tout sur la table. On fait des tas et des séries. On regarde. Ça ressemble à quoi ? A une ville – un pan de vie – ou déjà un petit récit.                                 .
Michel Fadat ___________________________________________________________________________
 
Samedi après-midi de 14h30 à 17h30 : 9 ateliers
 
      Reprise des ateliers journée entière (1/2/3/) avec les mêmes participants.

Ateliers demi journée
 
7 A vos modes d'emploi...
 
Chaque participant amène à l'atelier un document technique de type catalogue spécialisé, mode d'emploi d'appareil ménager, revue technique. De ce document technique naîtra une petite nouvelle...                           
                                                
                                                                            Emmanuelle Pagano
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8 Atelier DADA
 
Exploration de ce que fut – le mouvement DADA – cette révolte du langage
(de sa sensorialité, ses exigences, ses tentatives, ses résonances)
 
Verbier, COLLECTIONS, échos-collages, ART-GO, anomomalies, Re7,   Poèmes-CARAVANES, slogans volants, complaintes onomatopoétiques, ZAOUM, éclats de voix, écritures miniatures, discours HARANGULEUX, Poésie DRA-DRA, ACROBATIES verbaleS, chandelles vertes & OPTOPHONE !.   
 
                                                                           Jean Daniel Dupuy
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9 Ecriture et symbolisme

Il s'agira de jouer avec quelques représentations de l'inconscient
collectif issues de la mythologie, des chiffres, des arts divinatoires... afin d'écrire des textes à la fois personnels et qui résonneront chez tous.

                                                                       Tugdual de Cacqueray et Anna Fischer
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10 Biographies réelles ou imaginaires 

Ecrire sous forme de texte bref, ( deux à quatre pages) narratif  de préférence,  une biographie, d'une personne ou d'un personnage choisi, réel ou imaginaire      
                              
Daniel Marc
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Atelier samedi après midi et dimanche matin
 
11 Chambre claire, chambre obscure

Clair : ce qui s'interrompt là sous les images. Extérieur jour.(Première demi-journée.)
Obscur : ce qui continue encore sous les images. Intérieur nuit.(Seconde demi-journée.)

Une série de mises en boites, de poupées russes qui se retournent sur elles-mêmes et sur notre passage; voilà de quoi s'inviter...! Festin redoutable!

                                                                       Lionel Roubin
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12 L'arbre de vie - Ecriture et arts plastiques

L'arbre comme lien entre le terre et le ciel, l'arbre garant de notre généalogie, l'arbre et sa proximité avec l'humain ...
Ce thème sera approfondi à travers diverses propositions visant à stimuler votre imaginaire et votre plaisir de création ; nos propositions se répondent, de manière à ce que votre création littéraire se trouve enrichie par votre création artistique et vice versa. Aucune expérience préalable n'est requise, ni en écriture ni en art et le matériel (peinture, pastels, encres, paiers ...) est fourni.

                                                                       Martine Imhoff Marc et Jeanne Videau
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DIMANCHE 18 MAI
 
Dimanche matin de 10 à 13 h : 6 ateliers

                                  Reprise des ateliers 11 et 12
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Ateliers demi-journée
 
13- Atelier d’écriture philosophique : 

La femme : sexe ou genre ?
Explorer la question. Clarifier les exigences d’une séance philosophique.
 
                                                                            Michel Tozzi
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14- J’ai capturé dans mes filets  
 
Au fil de photos, gravures, images, cet atelier propose à chaque participant de rouler sa boule tel le carabe et piller les lieux des jardins ou des musées pour prendre au filet nos regards, nos écrits, nos mots sur le monde de l'infiniment petit. Croquer ainsi nos histoires, souvenirs et sensations au contact des insectes... à partir de propositions d'écriture       
 
                                                                            Thérèse Bonnétat
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15- Les mains
 
Les faire écrire, les faire parler, écrire sur elles, parler d’elles, conjuguer leurs lignes et les nôtres
                                                             
                                                                   Michèle Marcato
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16 Un ptit noir bien serré 

Adepte du polar ou pas, lecteur ou non, venez donner libre cours à vos mauvais instincts en écrivant une nouvelle "noire" à plusieurs. Venez sans arme, un stylo suffira.

                                                                        Gérard Lapagesse
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17 Ile haie têtu noeud foie char le pet rot
 
"Travaux individuels et collectifs avec des contraintes d'inspiration oulipienne. Utilisation de structures déjà existantes issues principalement des contes.       
 
                                                            Patrick Brisset
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18 Le corps est paysage.
 
Il s’agit à partir d’écrits poétiques d’auteurs et d’images de paysages de s’enrichir peu à peu d’éléments mettant en relation le corps et la nature-paysage afin d’écrire un texte poétique    
 
                                                                         Danielle Fourment ___________________________________________________________________________
  
Dimanche après-midi de 14h30 à 17h  

Débat animé par Michel Fadat puis lectures de textes écrits en ateliers (Voir  catégorie 'Ecrire en Mai 08 - Dimanche après-midi')
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Bibliographie des ateliers (Une grande partie de ces ouvrages sera disponible sur le stand de la librairie 'Libellis')
 
Paul Auster, Le Livre de la mémoire dans L’Invention de la solitude (1982/88).
    Moderato cantabile Marguerite Duras (1958).

Symbolique et ésotérique
de Edmond Delcamp
    Les âges de la vie
de Christiane Singer
    Chamane de Paul Degryse
    La Sainte Folie du Couple de Paule Salomon

 10 Vies minuscules    P. Michon
      Le rapport de Brodie   Borgès
 
11 Christian Doumet- "Poésie, moeurs et confins"-Champ Vallon éditeur;
      Jacques Dupin, dans la revue "Faire- part",n° 20/21-2007-"Matière d'origine";
      Jean-Pierre Siméon-"Un homme sans manteau"-Collection Poèmes pour grandir"-Cheyne 
      éditeur.
      C.Prigent-"L'incontenable"- P.O.L./R.Millet
      "Le désenchantement de la littérature" P.O.L.ou Gallimard/ P.Michon/ R.Barthes/
       M.Blanchot/ M.Duras/ J.P.Chague/ P.Bergounioux...
 

12 Christian Bobin  : Autoportrait au radiateur (1997)
     Claude Duneton : Bouquet des expressions imagées( Le Seuil)
     Francis Ponge : La rage de l'expression / Le parti pris des choses suivi de Proêmes (nrf/poésie gallimard)
     Paroles du Japon / Haïkus présentés par Jean-Hugues Malineau carnets de sagesse Albin Michel.)
     Louis-René Des Forêts et Fahrad Ostovani. : Ainsi qu'il en va d'uncahier de brouillon...(William Blake & Co. Edit.)
    Oeuvres, Peintres et plasticiens convoqués : Bonnard, Mondrian, Magritte, Charley Case, Beatus de Saint Sever, Dom Robert.....

13 Michel Tozzi, Diversifier les formes d’écriture philosophique, CRDP Languedoc-
     Roussillon (Allée de la citadelle, Montpellier), 2000.
     Voir aussi les articles sur l’écriture philosophique dans ma revue Diotime l’Agora.
     Tous les numéros sont consultables et téléchargeables depuis le numéro 1 sur le site : 
   Et aussi mon site, rubriques : « écrire philosophiquement », « université populaire et
   « discussion philosophique » : www.philotozzi.com
 
14 Chasses subtiles d'Ernst Jünger,
     Moeurs des insectes de Jean Henri Fabre
     Le Scarabée d'or dans les Histoires extraordinaires d'Edgar Allan Poe.
 

15 Sagesses : 365 pensées des Maîtres de l’Inde  (Danièle et Olivier FOLLMI, Ed. de le Martinière)

    Jouchka et les instants de l’éternité  (François GARAGNON  Ed. Monte-Cristo)

    Contes fantastiques de MAUPASSANT

17 Oulipo: La littérature potentielle (Folio essais n° 95)
     Oulipo: Atlas de littérature potentielle (Folio essais n° 109)
     Les contes de Perrault.
 
18 A. Chedid /Visage premier- cavernes et soleil
     C. Juliet/ La conquête dans l’obscur par JP Siméon
     L.Gaspar/ Sol absolu
     W. Whitmann/Feuilles d’herbe
     B. Noël/Le reste du voyage
 
par Jean Costadau publié dans : Ecrire en Mai 08 - Ateliers
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Lundi 31 mars 2008

Sommes-nous, oui ou non, une espèce naturelle ? 

 

Cette question peut vous paraître sans rapport avec le titre de ce billet. Pourtant, dans le cas où vous envisageriez de répondre oui, je vous invite à examiner avec moi les conséquences de ce choix.

 

Si nous sommes bien une espèce naturelle il s’ensuit que tous nos actes, toutes nos pensées, toutes nos inventions sont une expression de la nature. Nous devons donc considérer, par exemple : nos maisons comme aussi naturelles que des termitières, un ballet aussi naturel que la parade nuptiale des flamants roses, la mécanique quantique aussi naturelle que le chant des baleines et les produits de nos manipulations génétiques aussi naturels que des champignons.

 

Et donc nous sommes conduit à admettre que nous ne pouvons en aucune façon « mettre la planète en danger » puisque toute évolution de la planète y compris sous notre influence est une évolution naturelle. Et il serait absurde de considérer qu’une évolution naturelle puisse être dangereuse pour la nature. A moins de supposer la nature ‘pensante’ et porteuse d’un projet sur elle-même, ce que, je crois, personne à ce jour  ne soutient.

 

Toutefois rien ne nous empêche d’observer qu’il y a des champignons vénéneux, des virus et des tsunamis et donc que tout ce qui est naturel n’est pas forcément bon pour le vivant. De même rien ne nous empêche de continuer à professer que les gaz à effet de serre ou les insecticides, pour naturels qu’ils soient, peuvent être dangereux pour nous et plus généralement pour la majorité de nos colocataires de niche écologique. Seulement vous comprenez bien qu’il ne nous faudra plus dire : « Nous mettons la ‘planète’ en danger » mais que nous devrons affirmer « Nous ‘nous’ mettons en danger ».

 

Et alors, m’objecterez-vous, ce ne sont jamais que deux formulations différentes pour exprimer la même idée ! Et je vous répondrais : attention, pas si simple, ces deux approches pourraient nous entraîner sur des chemins de pensée bien différents.

 

En effet, si nous disons : ‘Nous mettons ‘la planète’ en danger’, et que nous réfléchissions au pourquoi et au comment de la chose. Nous commencerons par nous interroger sur le plus urgent. Quels sont les plus grands dangers qui menacent la planète ? Suivant nos compétences et nos lectures nous répondrons : le réchauffement climatique, les manipulations génétiques ou autres atteintes à la biosphère et nous prônerons : la limitation des gaz à effet de serre, la modification de nos modes de consommation, l’interdiction des OGM etc. Quant au pourquoi, à vrai dire cette question ne nous paraîtra pas très pertinente. Pourquoi ? Et bien, par méconnaissance sans doute. Nous innovons trop vite et nous ne maîtrisons pas les conséquences de nos avancées technologiques. C’est un peu par accident, par excès de créativité. Donc : principe de précaution et éducation pour tous ; citoyenneté et responsabilité.

 

Autrement dit nous conclurons que si nous ne voulons pas voir l’espèce humaine matériellement régresser, ou au pire disparaître, il nous faudrait contraindre la mécanique du développement à respecter les conditions essentielles à notre vie physique, pour autant que nous les connaissions. En résumé : le développement durable.

 

Maintenant si nous disons : « Nous nous mettons en danger » et que nous réfléchissions au pourquoi et au comment de la chose. D’abord nous nous interrogerons sur le plus urgent.  « Comment nous mettons-nous le plus en danger ? » Et voilà que l’arsenal nucléaire se présente à notre esprit. A court terme le plus grand danger est bien là. Aucun doute là-dessus. Et nous pressentons soudain que la question du ‘pourquoi’ devient incontournable. Parce que nous ne pourrons plus répondre ‘par accident, par méconnaissance ou excès de créativité’. Là, nous savons parfaitement ce que nous faisons. Mais alors pourquoi diable le faisons nous ? Ca paraît insensé ! Chacun d’entre nous est bien convaincu qu’il œuvre au contraire à sa propre sécurité. Et si l’instinct de survie nous anime individuellement comment collectivement pouvons nous en arriver à de telles situations ? Manifestement il y a là un problème, sinon le problème. Et nous voila amené à douter du caractère ‘accidentel’ des autres évolutions qui nous menacent.

 

Peut être serons nous tenté à ce stade de jouer la diversion en nous interrogeant sur le double nous du ‘nous nous mettons en danger’ : « Est ce bien une répétition ? N’est-ce pas plutôt certains qui en mettent d’autres en danger ? »  Questionnement bien dangereux mais qui n’est qu’une façon d’éluder la question. Certes tous les pays du monde n’investissent pas massivement dans l’armement ou les manipulations génétiques, mais tous les groupes humains sont capables du pire avec les moyens du bord, violences d’ailleurs parfois défendables tant les situations d’oppressions sont fréquentes. Et nous sentons bien que notre pensée commence à mordre dans le réel et que, comme prévu, il n’est pas simple. Mais nous réalisons qu’il est vain de croire que nous soyons capables, dans l’état actuel des rapports humains, de rechercher et de mettre en œuvre des mesures utiles au bien être universel, même sachant les risques encourus à ne pas le faire. Et nous voilà conduit à remplacer l’urgence d’un débat et de décisions scientifiques et techniques par celle d’un débat sur notre façon d’être ensemble, c’est à dire un débat et des décisions philosophiques et politiques.

 

Et donc nous conclurons que si nous ne voulons pas voir l’espèce humaine matériellement régresser, ou au pire disparaître, il nous faudrait faire évoluer nos rapports sociaux de façon à devenir capable de respecter les conditions essentielles à la survie de notre espèce, pour autant que nous les connaissions. En résumé : la politique durable. Piste sans doute aussi illusoire que celle du développement durable, mais plus juste. C’est une satisfaction !

par Jean Costadau publié dans : Textes libres
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Vendredi 7 mars 2008
Tout enfant de CM2 adoptera un enfant juif sacrifié par la folie humaine. Pédagogues, psychologues, historiens, les experts s’alarment à juste titre de la dernière trouvaille présidentielle. C’est en tant qu’écrivain que cette initiative me choque : elle fait froid dans le dos. De l’Histoire, et de l’imaginaire.
Dans cette affaire, c’est toute la question de la réalité du Mal et de sa transmission à l’enfant qui est posée. Question politique et morale. Je ne crois aucun sujet inaccessible à l’enfant. Le tenir à l’écart du monde, lui éviter horreurs et souffrances relève d’un projet apparemment louable, pourtant une utopie sentimentale qui le condamne à l’infantilisation permanente, lui interdit accès à l’expérience sensible et à la connaissance tragique. Je pose que l’instrument qui élève l’enfant à la connaissance des réalités, toutes, est l’art. Le détour de l’art est la voie majeure par laquelle le monde se représente à nous, se présente une nouvelle fois sous les espèces de sa répétition sublime. Il offre la scène sur laquelle le monde dénonce sa réalité et, pour ce qui est de celle du Mal, y renverse en appropriation positive son pouvoir anéantissant. J’ai tenté de le montrer par la lecture du Petit Chaperon rouge, le plus abominable, le plus atroce des contes, et comme le prototype des récits du Mal. La fiction de l’horreur ne la domestique pas, ne l’exorcise ni ne la nie, mais la transcende en langage. Par les œuvres de la littérature, du cinéma ou du théâtre, l’enfant –l’homme – établit la distance de contemplation et d’appréhension qui lui donne espace et temps pour construire du sens, en délibérer et armer sa conscience.
Par le pouvoir magique du langage, sous les aspects de la feinte (même étymologie que fiction) le lecteur entre en une région où les personnages sont foule à configurer en lui des solidarités imaginaires, non assignées au réel mais rapportables à lui. Ulysse et Hamlet, Don Quichotte, Jean Valjean, Frankenstein, Cosette ou Lord Jim s’érigent en nous, fantômes substitués au réel et opérateurs de notre rapport au monde. Loin de nous en écarter, ils nous y ramènent et le réfléchissent. Tout enfant incline à la compagnie mentale d’un autre que lui, facteur fabuleux de son identité problématique, et de sa jeune humanité en devenir. Il s’y emploie, dès la toute enfance visité par les images et les contes, les récits de famille, et ceux de la littérature, dont la foule structure son imaginaire, sa pensée. C’est une des hautes fonctions de l’œuvre d’art que de produire ces êtres immatériels, d’en faire les instances invisibles de l’intelligence collective. Toute une vie ensuite, nous fréquentons ces singulières et universelles créatures qui, par l’artifice de l’art, doublent le monde de présences amies ou adverses, qui tourmentent et enchantent, proprement bouleversent le sujet en l’expatriant vers l’Autre, multiplient son aptitude à migrer vers des virtualités humaines et à s’adopter en elles.
Y compris à leur horreur. Et cela inclut le récit de vie, ou l’autobiographie dont, par pacte avec le lecteur, l’écrivain s’institue le témoin et garant d’une expérience existentielle. Si Primo Levi, Antelme ou Anne Franck instruisent une connaissance, c’est que leur acte de langage les autorise, à tous les sens du terme. Leur récit porte voix, unique, individuée, il articule le sens et l’approprie
Par quelle bouche d’ombre parlera l’enfant juif assassiné à la conscience de l’enfant de CM2 ?
 
Faire adopter un enfant mort par un autre enfant, lui en faire devoir, c’est le rendre comptable d’une charge immense, accablante ; d’autant que ce fantôme a son âge, qu’il est son semblable en petitesse et impouvoir ; imprégnation victimaire terrifiante et à quelle fin, sinon l’assujettir à sa perte, irréparable. Entreprise négative et destructrice, désespérante. Aucun personnage de fiction n’engage une telle colonisation de l’imaginaire, n’assigne à telles responsabilité et culpabilité. Qui ne rachètent ni n’exonèrent de rien, l’historien le sait. L’écrivain le sait. La fiction délivre, elle déploie ses virtualités ; avec elle, contre elle, s’invente une liberté. Greffer à une conscience enfantine cette figure de martyr que sa mort sanctifie, que l’ignominie des hommes sacralise pour mémoire, y annexer cet agneau sacrificiel par décret d’Etat et autorité d’école publique, cela relève du crime intellectuel et moral. Comment accueillir en soi la présence tutélaire d’un être qui existe en Histoire, et non en fiction, sans voix ni parole propre ? Dans cette région intime où s’ébauche la personne enfantine, ce dictat d’identification a quelque chose de totalitaire.
Tout est possible, promettait le candidat. Tout est impossible. Tout est d’un tel absolu qu’il enferme en soi son contraire et s’anéantit. Dans cette pensée totalisatrice, il ne reste aucune place pour enfoncer le coin de la spéculation théorique, du doute critique, ni celui de la pratique empirique. Tout absolutise le réel pour mieux le révoquer, convoque la totalité pour mieux l’absenter. Que la réalité soit partielle, contingente, accidentelle et lacunaire, qu’elle advienne en des formes interrogatives soumises sans cesse à l’exception et à la révision, cette formule terrible l’exclut, dans un déni redoutable.
Donnerons-nous quitus à Nicolas Sarkosy pour éduquer nos enfants ?
Anne-Marie Garat
Ecrivain
par Jean Costadau publié dans : Textes libres
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Lundi 4 février 2008
L’association EQUIPages et l’atelier L’Oeil et la Main organisent un atelier d’écriture et d’arts plastiques  sur le thème de 
l'Arbre de vie - saisons et variations
 
L’arbre, métaphore de l’Homme, l’accompagne dans toutes les étapes de sa vie. Comme nous il est unique, comme nous il se transforme au fil du temps.
Martine Imhoff-Marc et Jeanne Mettra-Videau vous invitent à vivre un temps de création individuelle et collective autour de ce thème universel
 
le samedi 15 mars de 14h à 17h30
 et le dimanche 16 mars de 9h à 13h
 
à l’atelier L’Oeil et la Main,
12, rue de Courrège,
31 400 TOULOUSE
Tél : 05 61 34 19 77 et 05 61 80 43 61
Mail : jeanne.videau@orange.fr / martine.imhoffmarc@tele2.fr
Participation : 45€ l'atelier + 10€ d'adhésion associative.
par Jean Costadau publié dans : Infos
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